Multirisque pro : assurer les commerces qui ouvrent
La multirisque n'est presque jamais obligatoire, mais chaque commerce qui ouvre en a besoin. Comment le courtier repère ces créations à assurer.
Multirisque pro : assurer les commerces qui ouvrent
En bref. La multirisque professionnelle n’est presque jamais obligatoire, et c’est précisément ce qui en fait une opportunité pour le courtier : le dirigeant n’y pense pas seul. Or chaque commerce qui ouvre a un local, un stock et du matériel à protéger dès le premier jour. En 2024, la France a enregistré 1 111 200 créations d’entreprises, un record en hausse de 6 % (INSEE), dont une forte poussée dans l’hébergement et la restauration, en progression de 12,4 % (INSEE). Toutes ces ouvertures paraissent au BODACC. Une veille des créations les signale au courtier, filtrées par activité et par département.
Dernière mise à jour : 31 juillet 2026 - par l’équipe Leaddar.
Il y a deux façons de vendre une multirisque professionnelle. La première consiste à attendre qu’un commerçant vous en fasse la demande, ce qui arrive rarement puisque personne ne se réveille en pensant « il me faut une assurance de local ». La seconde consiste à repérer le commerce au moment précis où il ouvre, quand le local vient d’être aménagé et que rien n’est encore couvert. C’est la seule fenêtre où le besoin est évident pour tout le monde, y compris pour le dirigeant.
Pourquoi la multirisque se vend au moment de l’ouverture, pas après
Une multirisque professionnelle protège les murs, le stock, le matériel et la responsabilité d’exploitation d’un commerce. Ce n’est pas une couverture que l’on renouvelle machinalement : c’est une couverture que l’on prend une fois, à l’installation, puis que l’on garde des années. Le courtier qui la place à l’ouverture s’installe pour longtemps ; celui qui arrive après doit déloger un contrat déjà en place, souvent souscrit à la va-vite auprès de la banque qui a financé le local.
À l’ouverture, tout concourt à faciliter la conversation. Le dirigeant vient d’engager des dépenses lourdes, il a conscience de leur valeur, et il n’a encore aucun assureur attitré. La place est libre. Cette logique du premier arrivé vaut pour la plupart des couvertures d’entreprise, comme le rappelle notre article sur le moment où une entreprise doit s’assurer.
Quels commerces neufs viser en priorité
Tous les commerces ne portent pas le même risque, ni la même facilité de conversation. Voici les segments où la multirisque se justifie d’elle-même.
| Segment de commerce | Ce qui rend la vente naturelle |
|---|---|
| Restaurants, cafés, débits de boissons | Cuisine, risque incendie, responsabilité vis-à-vis des clients : le besoin est évident |
| Commerces de bouche | Stock périssable, matériel de froid coûteux, dégât des eaux fréquent |
| Boutiques avec vitrine et stock | Vol, bris de glace, marchandise exposée en permanence |
| Instituts et salons | Matériel, aménagement du local, accueil de clientèle sur place |
| Ateliers et petites productions | Machines, matières premières, risque d’incendie lié à l’activité |
Le point commun de ces commerces : un sinistre matériel peut tout arrêter du jour au lendemain. C’est un argument que le dirigeant saisit en une phrase, sans qu’il faille lui expliquer un contrat. Pour savoir quelles autres activités portent une obligation stricte, notre article sur les assurances obligatoires par secteur sert de carte.
Où trouver ces ouvertures, chaque matin
Le problème n’a jamais été de savoir que des commerces ouvrent, mais de savoir lesquels, quand, et près de chez vous. La réponse tient dans une source publique : le BODACC, où paraît chaque immatriculation. Le lire à la main est impossible à tenir dans la durée. Une veille des créations s’en charge : elle filtre le flux par activité de commerce et par département, et vous envoie le matin la liste des ouvertures de la veille. Le fonctionnement détaillé est expliqué dans notre article sur l’outil de veille des créations pour courtier.
Le reste est une question de rapidité. Sur ces commerces, le premier appel compte plus que le meilleur tarif, un principe développé dans Prospecter les entreprises nouvellement créées en assurance.
Cas concret : Sophie, courtière à Bordeaux, orientée commerces de proximité
Sophie couvre la métropole bordelaise. Longtemps, elle a démarché des commerces installés depuis des années, souvent déjà assurés, et s’épuisait à essayer de reprendre des contrats existants. Un rendez-vous sur dix aboutissait.
Elle bascule sur une veille filtrée sur la Gironde, activités de commerce et de restauration. Chaque matin, elle reçoit les nouvelles immatriculations de restaurants, épiceries et boutiques. Elle appelle dans la semaine de l’ouverture : « Vous venez d’aménager votre local, parlons de ce qui le protège avant votre première journée. » Elle n’arrive plus en concurrente d’un contrat en place, mais en conseillère d’un dirigeant qui n’a encore rien signé. Ses rendez-vous sont plus courts et bien plus nombreux à se transformer.
Pour aller plus loin
- Prospection pour courtier en assurance : la méthode 2026 - la vue d’ensemble
- Outil de veille des créations pour courtier en assurance - le mécanisme au quotidien
- Démarchage téléphonique assurance : la règle B2B en 2026 - le cadre légal de l’appel
P.S. - La multirisque n’est pas une vente que l’on force, c’est un réflexe que l’on propose au bon moment. Le courtier qui arrive le jour de l’ouverture ne vend pas une police de plus : il protège un projet qui vient de démarrer.