Après la liasse fiscale : développer son cabinet en 90 jours
Après la liasse fiscale, un cabinet dispose de 90 jours plus calmes pour développer son portefeuille de dossiers. Méthode et chiffres 2026.
Après la liasse fiscale : développer son cabinet en 90 jours
En bref. En 2026, la campagne de liasse fiscale s’achève le 20 mai pour les sociétés qui clôturent au 31 décembre, via la télétransmission EDI-TDFC (source impots.gouv.fr). Passé cette échéance, le cabinet retrouve trois mois plus respirables avant la rentrée. Or 2025 a battu un record : 301 300 sociétés créées en France, en hausse de 6 % sur un an (INSEE). Chacune cherche un premier expert-comptable. Ces 90 jours, de juin à septembre, sont le meilleur moment de l’année pour aller chercher de nouveaux dossiers, à condition de savoir qui vient de s’immatriculer près de chez soi.
Dernière mise à jour : 17 août 2026, par l’Équipe Leaddar.
Après la liasse fiscale, une fenêtre que peu de cabinets exploitent
La liasse part le 20 mai. Et le lendemain, le calme revient.
Pour les sociétés qui clôturent au 31 décembre, la date limite de télétransmission EDI-TDFC est fixée au 20 mai 2026, soit le délai légal du 5 mai augmenté des quinze jours accordés pour la voie dématérialisée (impots.gouv.fr). Une fois ce mur passé, il ne reste plus de grande échéance déclarative avant l’automne.
La plupart des confrères en profitent pour souffler. C’est humain, et c’est une erreur. Ces trois mois sont la seule vraie plage de l’année où un cabinet peut consacrer du temps à autre chose que la production.
Développer son cabinet après la liasse fiscale, ce n’est pas travailler plus. C’est déplacer quelques heures, celles qu’on passait à courir après les échéances, vers la recherche de nouveaux dossiers.
Pourquoi l’été est le bon moment pour aller chercher des dossiers
Les créations d’entreprises ne s’arrêtent pas en juillet. Elles continuent, et elles sont nombreuses.
En 2025, la France a enregistré 1 170 000 créations d’entreprises, un record, en hausse de 4,9 % sur un an (INSEE). Les sociétés, celles qui intéressent un cabinet, représentent 301 300 immatriculations, elles aussi au plus haut. Chaque SARL, SAS ou SASU nouvellement créée a besoin d’un bilan, d’une déclaration, d’un accompagnement dès les premiers mois.
Le dirigeant qui vient d’immatriculer est en train d’ouvrir son compte bancaire, de choisir son assurance, de se demander qui tiendra sa compta. Il n’a pas encore d’expert-comptable attitré. C’est exactement à ce moment qu’un cabinet peut se présenter.
Reste que la fenêtre est courte. Passé deux ou trois mois, la société a souvent déjà signé ailleurs.
Développer son cabinet après la liasse fiscale : par où commencer
Inutile de tout révolutionner. Un plan simple sur trois mois suffit, à raison de quelques heures par semaine.
| Période | Objectif | Action concrète | Temps/semaine |
|---|---|---|---|
| Juin | Repérer | Suivre les immatriculations SARL, SAS et SASU de son département | 1 h |
| Juillet | Contacter | Premier message court à chaque nouveau dirigeant repéré | 2 h |
| Août | Relancer | Deuxième contact aux dirigeants restés silencieux | 1 h |
| Septembre | Signer | Rendez-vous et propositions d’honoraires | 3 h |
Le principe tient en une phrase : être le premier cabinet à se manifester auprès d’une entreprise qui vient de naître. Pas le plus gros, pas le moins cher. Le premier.
Pour repérer ces immatriculations sans y passer ses soirées, un cabinet peut recevoir chaque matin les alertes des nouvelles sociétés de son département. L’essai gratuit de Leaddar donne accès à ces opportunités pendant 14 jours, aucun débit pendant l’essai, puis 79 €/mois ou 790 €/an. À tester ici : essai gratuit Leaddar.
Cas concret : Karim, cabinet solo à Nantes
Karim tient un cabinet solo rue Crébillon, à Nantes. En mai 2026, il gère 38 dossiers, dont 4 SCI familiales.
Sa liasse bouclée le 19 mai, il se fixe une règle pour l’été : trente minutes chaque lundi matin sur les nouvelles immatriculations de Loire-Atlantique. Rien de plus.
En juin, il repère 11 sociétés créées dans un rayon de vingt kilomètres. Il écrit à sept d’entre elles, un message de quatre lignes, sans jargon. Trois répondent. En juillet, deux rendez-vous. Fin août, deux dossiers signés : une SAS de conseil et une SARL de menuiserie.
Deux missions récurrentes, décrochées en glissant une demi-heure hebdomadaire dans une période creuse. Karim n’a pas travaillé plus. Il a regardé au bon endroit, au bon moment.
Les pièges à éviter
Développer un cabinet l’été, ça ne veut pas dire s’éparpiller. Trois erreurs reviennent souvent.
Première erreur : attendre septembre. À la rentrée, la société créée en juin a eu trois mois pour choisir un confrère. L’avantage du premier arrivé a fondu.
Deuxième erreur : ratisser trop large. Un cabinet solo n’a pas besoin de cent contacts. Il a besoin de cinq bons dossiers, proches géographiquement, du bon format juridique. Mieux vaut cinq messages ciblés que cinquante envois génériques.
Troisième erreur : croire qu’il faut un gros budget. La France compte 22 685 experts-comptables inscrits à l’Ordre (Ordre des experts-comptables). Ceux qui gagnent des dossiers l’été ne sont pas les plus fortunés. Ce sont ceux qui se manifestent en premier, avec un message clair.