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Alertes BODACC gratuites : ce que la DILA ne fait pas

Le service d'alertes BODACC de la DILA est gratuit mais plafonné à 10 recherches, sans coordonnées du dirigeant. Ses limites, et quand payer devient utile.

Beaucoup de cabinets découvrent, un peu surpris, que l’État surveille le BODACC pour eux. Gratuitement. Il suffit de créer un compte sur bodacc.fr, d’enregistrer une recherche, et de recevoir un courriel dès qu’une nouvelle annonce correspond.

C’est vrai. Et c’est un bon point de départ.

Mais entre « être prévenu qu’une société a été créée » et « savoir laquelle appeler en premier ce matin », il y a un écart que le service gratuit ne comble pas. Cet article dit précisément ce que l’alerte DILA fait, où elle s’arrête, et à quel moment ça vaut la peine de regarder ailleurs.

En bref. Le BODACC publie chaque jour ouvré les créations, ventes et radiations d’entreprises. La DILA propose sur bodacc.fr un service d’alertes par courriel entièrement gratuit, mais plafonné à 10 recherches enregistrées. En 2024, la France a enregistré 1 111 200 créations d’entreprises, un record en hausse de 6 % sur un an (INSEE), dont les créations de sociétés (+5 %). Pour un cabinet comptable, ce volume est une réserve d’opportunités - à condition de trier. L’alerte gratuite prévient d’une publication ; elle ne qualifie pas, n’enrichit pas et ne priorise rien.

Dernière mise à jour : 13 juillet 2026 - par l’équipe Leaddar.

Le service d’alertes BODACC gratuit, concrètement

La DILA (Direction de l’information légale et administrative) édite le BODACC et met à disposition un service d’alertes sur bodacc.fr. Le principe est simple : vous créez un compte, vous définissez une recherche (type d’annonce, zone, activité), vous l’enregistrez, et vous recevez un courriel quotidien dès qu’une annonce y correspond.

Ce que couvre le service gratuit :

  • Les trois grands types d’annonces : créations, ventes et cessions, radiations et procédures collectives.
  • Un filtrage de base : par département, par activité, par nature d’annonce.
  • Un envoi quotidien par courriel, sans rien à installer.
  • Jusqu’à 10 recherches enregistrées par compte. C’est la limite qui compte le plus, on y revient.

Pour un cabinet qui débute, c’est amplement suffisant pour prendre le réflexe. Vous voyez passer les nouvelles immatriculations de votre secteur, vous ouvrez l’annonce, vous décidez si le dossier vous intéresse. Zéro euro, zéro engagement.

Or c’est aussi là que les limites commencent.

Ce que l’alerte gratuite ne fait pas

Une alerte vous dit qu’une société existe désormais. Elle ne vous dit pas si elle vaut votre temps, qui la dirige, ni comment la contacter. Le tableau ci-dessous compare ce dont un cabinet a réellement besoin et ce que le service DILA fournit.

Besoin du cabinetService gratuit DILACe que ça implique
Couvrir plusieurs zones et activités10 recherches maximumUn cabinet sur 3 départements et 4 secteurs sature le plafond
Coordonnées du dirigeantNon - l’annonce brute uniquementRecherche manuelle, société par société
Adresse du siège, capital, forme précisePartiel selon l’annonceRecoupement sur d’autres sources
Tri par pertinenceAucun - tout arrive à platVous lisez tout, chaque jour, pour repérer 2 lignes utiles
Format exploitableCourriel + lien vers l’annonceRessaisie à la main dans votre suivi
Dédoublonnage, historiqueNonLe même dossier peut repasser, rien ne le signale

Aucune de ces cases n’est un défaut du service. La DILA remplit une mission de transparence, pas de prospection. Elle publie une information légale et prévient quand elle paraît. Point.

Reste que, côté cabinet, le travail réel n’est pas d’être prévenu. C’est de transformer une annonce en dossier signé. Et ce travail-là - qualifier, enrichir, prioriser, contacter au bon moment - tombe entièrement sur vos épaules avec l’alerte gratuite.

Le vrai plafond : 10 recherches

C’est la limite qu’on sous-estime toujours. Dix recherches, ça paraît large. En pratique, une recherche = une combinaison zone + type + activité.

Prenons un cabinet qui veut suivre les créations de SARL, SAS et SASU dans trois départements limitrophes. Rien que ça, si le filtre par forme juridique n’est pas assez fin, vous multipliez les recherches pour ne pas noyer l’utile sous les micro-entreprises. Vous ajoutez la veille des radiations (pour récupérer d’anciens dossiers d’un confrère qui ferme) et des cessions. Le compteur grimpe vite.

Résultat : vous arbitrez. Vous coupez des zones, vous acceptez du bruit, ou vous ouvrez plusieurs comptes - ce qui devient vite ingérable.

Cas concret : Claire, à Angers

Claire dirige un cabinet solo rue Bressigny, à Angers. Quarante-et-un dossiers, pas de collaborateur. Elle a mis en place trois alertes BODACC gratuites : créations dans le Maine-et-Loire, radiations, et cessions de fonds.

Ça a marché quelques mois. Puis elle a voulu élargir aux deux départements voisins, séparer les sociétés des micro-entreprises, et suivre un secteur précis (les holdings patrimoniales, sa spécialité). À sept recherches, elle passait déjà vingt minutes chaque matin à ouvrir des annonces pour aller chercher, une par une, le nom du dirigeant et l’adresse du siège sur d’autres sites.

Le calcul est vite fait. Vingt minutes par jour ouvré, c’est près de sept heures par mois passées à recopier des informations publiques. Pour deux ou trois dossiers réellement intéressants noyés dans le lot. Ce n’est pas l’alerte qui coûte cher. C’est ce qu’elle oblige à faire à la main derrière.

Alors, gratuit ou payant ?

Soyons honnêtes : dans certains cas, le gratuit suffit, et payer serait absurde.

Le service DILA fait le travail si votre cabinet coche ces cases : un seul département, un ou deux types d’annonces, un volume que vous traitez sans stress en quelques minutes, et du temps disponible pour la recherche manuelle derrière. Beaucoup de cabinets sont exactement dans cette situation. Restez sur l’alerte gratuite, c’est la bonne décision.

Un outil payant ne se justifie qu’à partir du moment où l’un de ces points devient vrai :

  • Vous saturez les 10 recherches, ou vous acceptez du bruit faute de filtres assez fins.
  • La recherche manuelle du dirigeant et du siège vous coûte plus qu’une heure par semaine.
  • Vous voulez les créations triées et prêtes à contacter, pas une liste brute à décortiquer.
  • La rapidité compte pour vous : le premier cabinet qui appelle un dirigeant part avec une longueur d’avance, et chaque matin perdu à recopier est un matin de retard.

Autrement dit, on ne paie pas pour l’alerte - elle est gratuite et le restera. On paie pour supprimer le travail manuel qu’elle laisse derrière elle.

Pour aller plus loin : Comment lire une annonce BODACC en cabinet comptable - décoder ce que dit vraiment chaque publication. BODACC pour experts-comptables : la source sous-exploitée - pourquoi si peu de cabinets s’en servent. Pappers ou Leaddar : lequel choisir - chercher une société existante ou recevoir les nouvelles créations.


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P.S. - L’alerte gratuite de la DILA vous prévient qu’une société est née. Elle vous laisse tout le reste : trouver le dirigeant, l’adresse, décider qui appeler d’abord. C’est précisément ce « reste » qui remplit une matinée.


Questions fréquentes

Le service d’alertes BODACC est-il vraiment gratuit ?

Oui. La DILA propose sur bodacc.fr un service d’alertes par courriel entièrement gratuit, sans abonnement. Il s’inscrit dans sa mission de transparence économique. La seule contrepartie est fonctionnelle : le service prévient d’une publication mais ne qualifie ni n’enrichit les annonces.

Combien d’alertes peut-on créer sur bodacc.fr ?

Le service gratuit permet d’enregistrer jusqu’à 10 recherches par compte. Chaque recherche correspond à une combinaison de critères (zone, type d’annonce, activité). Un cabinet qui suit plusieurs départements et plusieurs formes juridiques atteint rapidement ce plafond.

L’alerte BODACC donne-t-elle les coordonnées du dirigeant ?

Non. L’alerte transmet l’annonce légale telle qu’elle est publiée, sans coordonnées directes. Retrouver le nom complet du dirigeant, l’adresse du siège ou d’autres informations demande une recherche complémentaire, à faire société par société sur d’autres sources publiques.

Comment recevoir les créations d’entreprises de son département ?

Deux voies existent. La voie gratuite : créer un compte sur bodacc.fr et enregistrer une alerte par département et type d’annonce. La voie automatisée : un service comme Leaddar filtre les annonces par département, forme juridique et capital, puis envoie chaque matin les créations déjà triées et enrichies.

Faut-il un outil payant pour surveiller le BODACC ?

Pas nécessairement. Pour un cabinet mono-département avec peu de critères et du temps pour la recherche manuelle, l’alerte gratuite suffit. Un outil payant devient utile quand on sature les 10 recherches, qu’on veut les coordonnées du dirigeant sans effort, ou qu’on cherche à gagner du temps chaque matin.

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